Pourquoi Tibou est (vraiment) mal placé pour parler de justice

Bah Oury  en exil depuis 2011, avait  invité ses compatriotes à s’insurger pour « chasser «  Alpha Condé à l’occasion de la présidentielle de 2015. C’était lors d’un meeting avec les militants et sympathisants de l’Union des forces démocratiques de guinée (UFDG) en Espagne. Et ce n’est pas tout : Tibou Kamara l’actuelle sentinelle avait quant à lui fait de l’appel à l’insurrection une affaire obsédante.

Amadou Damara Camara ne s’était pas laissé faire : « Ils appellent à l’insurrection et se disent démocrates. Quand on est démocrate, on va aux urnes pas par l’insurrection. Tibou c’est un fort en rien qui a poussé et qui a germé. Il n’a de base politique que son verbe. Son beau-frère exécute à l’arme et publie les corps sur les réseaux sociaux. On n’a pas entendu Tibou dire qu’on doit chasser son beau-frère par une insurrection populaire. »

Sur les ondes d’une radio locale le jeudi, 28 novembre 2019, Damaro Camara ajoutait : « Je n’ai absolument aucun problème personnel avec Tibou. J’ai entendu parler de lui, je me suis opposé à lui à un moment quand depuis le Maroc, il a demandé l’instruction contre le professeur Alpha Condé. C’est en ce moment que je me suis intéressé à lui et on a commencé à échanger par voie de presse ».

Cette déclaration de Damaro n’était pas fausse : « La Guinée n’est plus qu’un pays, il n’y a pas d’Etat qui serait à plus forte raison de droit par la faute d’Alpha Condé qui considère que ”Et le Pays et l’Etat c’est lui », lançait Tibou Kamara ajoutant : « Ni plus ni moins le départ du pouvoir d’Alpha Condé et le changement de régime.Car lorsque les dirigeants souffrent de légitimité, qu’il n’y a pas de confiance dans les institutions soit parce qu’elles ont été installées dans des conditions douteuses ou ceux qui les dirigent manquent tout le temps à leurs devoirs et ne sont pas à la hauteur, il y a risque, comme on l’a vu ailleurs, que la rue prenne le relais et la violence et l’insurrection soient les seuls moyens d’expression et de recours.Alpha Condé doit s’en aller. Il a montré ses limites et constitue un réel danger pour l’avenir de notre pays et notre commun vouloir de vivre ensemble, tant il a par ses propos et ses actes divisé profondément la société guinéenne. »

Pour Tibou, il y a de sérieux doutes qu’il ait les ressources physiques et mentales pour diriger un pays : « Sinon, les Guinéens qui ne voudront pas d’un président diminué, qui passe plus de temps dans les hôpitaux que dans son bureau présidentiel, risquent de mesurer, à leurs dépens, la pertinence de ces propos de De gaulle envers le maréchal Pétain : « la vieillesse est un naufrage ». C’est pourquoi le départ d’Alpha Condé doit être le combat de tous les patriotes et démocrates. Il doit savoir et pouvoir partir. »

Tibou est si amnésique, en se dressant aujourd’hui comme une sentinelle de la justice ? Certainement, il souffre soit de ce qu’on appelle en psychologie un trouble de la personnalité et de la dépendance. Ce dysfonctionnement s’accompagne également des symptômes suivants : être d’accord avec les autres, même s’ils ont tort ; désir de tout faire pour ne pas être seul ; accomplir des actes déplaisants ou dégradants pour plaire ; penser de manière obsessionnelle, et sans fondement, que tous les gens autour sont des traîtres. Soit aussi un trouble de personnalité narcissique, se traduisant par une colère cachée ou manifeste en réponse à toute critique ; habitude d’utiliser les gens pour atteindre ses propres buts.

Pour tout dire, Tibou perd (encore) l’occasion de se taire en déclarant si imprudemment : « La justice a pour vocation de réprimer la délinquance et les crimes, pour préserver la stabilité de l’État et de ses institutions et garantir la paix sociale aussi. Nul ne saurait être au-dessus de la loi et ne peut donc se croire intouchable en République et dans un État de Droit. Ceux qui craignent la justice et ne veulent pas faire face aux magistrats ont tout intérêt à éviter ce qui pourrait les conduire devant dame Thémis. » Tibou a-t-il oublié toutes ses tribunes à l’encontre d’Alpha Condé ? L’homme change. Il se confond à son environnement. Il en a ce talent…honteux.

Pour lui donc, voulant donner des leçons à des assoiffés de démocratie et des libertés fondamentales, tout en se muant en amnésique Tibou ajoute, le doigt dans l’œil : « Que chacun le comprenne : on ne peut pas tout se permettre au nom de la Démocratie, ou dire n’importe quoi sur n’importe qui au compte de la liberté d’expression. »

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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