Présidence tournante de l’UA: l’après Alpha Condé déjà entamé ?

Dans une soixantaine de jours, Alpha Condé cèdera sa place à Paul Kagamé, le président rwandais, à la faveur du prochain sommet de l’UA, dans la capitale Ethiopienne. L’après Alpha est déjà entamé avec d’autres priorités.

« Nous avons la réforme, qui est d’ailleurs pilotée par le président Paul Kagame. Comme il m’a été demandé, mon bureau soumettra plusieurs propositions en matière de réformes. Que ce soit sur le plan financement ou sur le plan organisation et méthode de travail », égraine le patron de l’UA au cours d’une interview accordée à RFI.

Moussa Faki Mahamat revient sur la fameuse de 0,2%. Et d »jà, annonce-t-il, certains Etats ont déjà commencé à l’appliquer. Et tout cela, poursuit-il, parce qu’il faut privilégier l’intégration du continent. « De ce côté, nous sommes en train de travailler. Je l’espère conclure en 2018 sur la zone de libre-échange économique du continent. Ça, c’est un projet majeur, qui est en cours de finalisation. Nous avons également le projet de libérer le ciel – le transport aérien – pour faire un ciel unique africain. Donc c’est par des mesures concrètes de cette nature que l’on pourra atteindre les objectifs que nous nous sommes fixés dans l’agenda 2063 », conclut-il.

On retiendra donc d’Alpha Condé cette volonté de réformes préconisées par le président rwandais, Paul Kagamé, lors du sommet d’Addis-Abeba. Autrement dit : amener tous les Etats à tenir leurs engagements, à savoir payer leur contribution à l’UA, équivalant à 0,2 % de leurs exportations, pour rendre le fonctionnement de l’UA autonome. Pour Alpha Condé qui peine par ailleurs à concrétiser ses promesses électorales, dix ans presque rêve à l’Afrique. Comme : « mettre en pratique le mot d’ordre lancé en faveur de la jeunesse, de rendre opérationnel le passeport africain, au moins pour les passeports diplomatiques, de développer le commerce intra-africain grâce à la zone de libre-échange, d’intégrer la diaspora comme sixième région [aux côtés des cinq organisations sous régionales déjà existantes] dans le fonctionnement de l’UA. »

A y voir de près, pas grand-chose, mais Alpha Condé aura eu le mérite d’insister sur le cordon ombilical qu’il faut couper, sur l’indépendance dans la gestion politique des pays africains, etc.

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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