Présidentielle guinéenne: Aliou Condé fait l’autopsie du fichier électoral

Au cours d’une conférence de presse de sa formation politique, le Secrétaire général de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG), a fait l’autopsie du fichier électoral guinéen.

Selon Aliou Condé, le fichier électoral guinéen a été complètement dénaturé au cours de cette élection présidentielle et ne répond plus aux normes internationales

Tout en le comparant à d’autres pays Africains, le SG de l’UFDG estime qu’au delà du recensement des mineurs en Haute Guinée et des cas de doublons, la CENI nous a présenté un fichier faisant apparaitre que plus de la moitié de la population guinéenne a atteint l’âge de vote (18 ans). ‘’Ce qui est faux!’’ estime-t-il.

En Guinée, comme dans les autres pays Africains, il y a plus des jeunes de moins de 18 ans que ceux ayant atteint l’âge de vote (plus de 18 ans).

Pour Aliou Condé, cette situation n’interpelle pas seulement l’UFDG ou l’opposition, mais tous les guinéens, si on veut que la démocratie s’enracine dans notre pays.

Voici sa déclaration :

« Je voudrais attirer votre attention sur le fichier électoral qui  va nous poursuivre pendant des années si on ne trouve pas de solution…Nous avons dénoncé, on a tout fait. Tout ce que vous entendez ici comme anomalies ont eu lieu au niveau du comité de suivi dans lequel je représentais l’opposition. Nous avons exigé de la CENI des directives pour éviter ce qu’on a vu à Kankan….On a parlé des mineurs et tout ce qui s’en suit. Qu’à cela ne tienne, aujourd’hui quel est l’autopsie du fichier guinéen ? Vous avez un fichier qui est complètement dénaturé qui ne correspond pas aux normes. Vous avez 6 millions 40 milles électeurs en Guinée pour une population estimée à 11 millions d’habitants. Cela veut dire que plus de 50% de la population guinéenne sont des électeurs donc ont plus de 18 ans. Et je ne pense pas qu’en Afrique on se retrouve devant ce cas de figure. Tout le monde sait que quand vous allez dans une famille, vous avez toujours plus d’enfants que d’adultes. Donc aujourd’hui, c’est une anomalie majeure. A titre d’exemple, je vais vous citer le cas de certains pays africains : vous avez le Sénégal, en 2007 pour une population de 11 millions 900 mille habitants, donc à peu près  12 millions d’habitants, le Sénégal avait 4 millions 900 mille électeurs. Pour 2012, cette population est passée à 13 millions 726 mille, le Sénégal est à 5 millions d’électeurs, donc vous voyez 5 millions 300 mille électeurs au Sénégal contre 6 millions d’électeurs en Guinée alors que le Sénégal est plus peuplé que la Guinée. La Côte d’Ivoire que tout le monde suit actuellement, en 2010, ils avaient 18 millions 980 mille habitants, dont 5 millions 7 84 mille. En 2015, actuellement 21 millions 952 mille 023, ils ont 6 millions 300 000 électeurs, le même à peu près que la Guinée. La Guinée en 2010 avait une population inconnue, 4 millions 384 mille 428 électeurs. En 2013, avec une population estimée à 11 millions 474 mille, nous avons  5 millions 206 électeurs.  Pour cette élection de 2015, pour 11 millions 780 000, nous avons 6 millions 40 000 électeurs. Où on va avec ça ? Quelle est la conséquence de ça ?  La conséquence, je vous le dis par ces résultats qui viennent d’être obtenus. Kankan : 85,2% du taux de participation, 92, 59% pour le Pr Alpha Condé, 397 000 voix.  Je ne vais pas lire tout, mais Kankan, Kouroussa, Siguiri, Mandions, Kérouané, Faranah, Kissidougou, Beyla, dans ces 8 circonscriptions électorales, le RPG a obtenu  1 million 104 mille 534 des voix. Dans les 48 autres circonscriptions électorales qui restent, le Pr a obtenu 1 million 281 000 voix. Donc, sur les 8 circonscriptions électorales, il fait les 50% de son score.  Et cela est dû à quoi ? Au fichier électoral. Ça veut dire qu’il y a des enregistrements indus. Donc, si on ne s’attaque pas à ce fichier, si on ne résout pas cette question, ce serait inutile désormais d’aller aux élections. Parce que celui que la Haute Guinée décidera, c’est lui qui gagnera les élections nationales. Je pense que cette question n’interpelle pas seulement l’UFDG, n’interpelle pas seulement l’opposition mais tous les Guinéens devraient regarder ça de près pour que si nous voulons que la démocratie s’enracine vraiment dans notre pays, il y a des problèmes auxquels il faudrait qu’on s’adresse. Si on ne s’adresse pas à cela, nul ne peut savoir quelles seront les conséquences. »

Abdoul Wahab Barry, www.kababachir.com

 

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