Prétendus présents à Soumah : soutien ou corruption ?

Le nom d’Aboubacar Soumah, celui par qui la grève au niveau du Pré universitaire a été déclenchée pour immobiliser le pays pendant trois semaines est de plus en plus oublié. Il ne reste plus que la chape de plomb qui plane sur les autorités religieuses, celles de l’Education ainsi que du Travail. Mais aussi sur le syndicaliste lui-même.

Sa démarche fut héroïque pour les uns et une atteinte à l’autorité de l’Etat pour les autres. L’un ou l’autre cas, le syndicaliste a jouit de bien des soutiens. Parmi ceux-ci, ce geste oh combien controversé et malhabile d’un homme politique. Sorel Bangoura de l’UFDG semblait sauver la dèche que traverse le syndicaliste ‘’rebelle’’ ayant déclenché une ‘’grève sauvage et illégale’’ en lui octroyant des denrées. L’affaire a fait polémique. Si le curieux donateur parle de soutien à une personne fragilisée dont le salaire a été divisé, bloqué, du côté de la mouvance, on parle de corruption patente pour encourager le syndicaliste à poursuivre la grève.

Ce Soumah-là est dans le syndicalisme depuis la création du SLECG en 1993. Il a eu à se frotter contre les régimes successifs. Il n’est donc pas un homme à faire changer d’avis aussi facilement à cause des denrées, alors qu’il était promu au poste de DPE avec un budget de fonctionnement et autres faveurs. Lui-même trouve l’accusation aberrante. Ce qu’il faut certainement déplorer c’est le fait que le geste soit venu d’un opposant, alors que le pouvoir passe tout le temps à chercher des boucs émissaires à chaque fois qu’il se sent menacé par ses propres stratégies.

Un analyste se lâche : « M. Sorel Bangoura a commis une erreur politique, ce n’était pas le bon moment d’offrir des sacs de riz aux syndicalistes, quand on est un home politique, il y a certains erreurs qu’il ne faut pas commettre quand on sait que le camp d’en face vous attend toujours au carrefour, même s’il l’a fait à titre personnel, rien ne peut justifier sa bonne foi puisque les syndicalistes ne lui ont pas dit qu’ils ont faim, c’est pourquoi le camp d’en face dit qu’ils ont été corrompus par les politiciens. »

Corruption ou pas, le geste de Sorel est perçu autrement et donne raison à ce pouvoir qui ne connait rien de l’anticipation, mais plutôt excelle dans le mépris et le déni.

 

Jeanne Fofana, Kababachir.com

 

 

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