PRIX DU CARBURANT : De qui se moque-t-on ?

Serait-ce du mépris à l’égard du peuple de Guinée ou de l’entêtement suicidaire ? Cette question vaut tout son pesant d’or après la divulgation de documents officiels révélant que pendant que le gouvernement guinéen sort ses muscles pour refuser la moindre baisse du prix du carburant pour le commun des Guinéens, il concède au même moment une réduction substantielle en faveur d’entités particulièrement riches.

En effet, selon des documents attribués à la Société guinéenne des pétroles et se fondant sur les structures des prix des produits pétroliers, l’Etat se serait engagé depuis le 1er février dernier à vendre le carburant (essence, gas-oil, pétrole lampant) à des prix variant entre 4500 et 5500 GNF aux ambassades, aux sociétés minières, à la Guinéenne d’électricité (EDG) et à la Société des eaux de Guinée (SEG). Plutôt incompréhensible !

Dans le pire des cas, une baisse concédée à la SEG et à EDG pourrait se justifier. Dans la mesure où, dit-on, ces sociétés, nageant dans la corruption et des fraudes massives, seraient incapables de générer des recettes pouvant supporter leur propre fonctionnement. Les usagers du courant et de l’eau, n’honorant pas toujours les factures, l’Etat pourrait avoir par le biais de la baisse du prix du carburant, voulu leur venir en aide.

Mais en ce qui concerne les ambassades et les miniers, rien ne justifie la clémence de l’Etat. Les deux sont à priori parfaitement au courant de la situation de la Guinée et devraient se soumettre au contexte au même titre que le citoyen. Malheureusement, pour une raison qui demeure inconnue, ils sont élevés au statut de privilégiés du pays, eux qui ont justement les moyens de supporter la cherté de la vie.

Il est vrai qu’en Guinée, ce ne sont pas les paradoxes qui manquent !

Anna Diakité, www.kababachir.com

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