PRIX DU RIZ : encore une annonce populiste

Populiste un jour, populiste pour toujours. C’est cela Alpha Condé. Manquant de vision et de stratégie et aux commandes d’un Etat dont l’autorité est à terre, le président guinéen revient au populisme, son sport favori. Au parfum du malaise social des Guinéens, il cherche, comme à ses habitudes, à en faire porter le chapeau à ses ministres. Exemple avec le prix du riz

Le mardi dernier, au cœur d’une rencontre où il est censé recevoir un fameux carton vert décerné dit-on par l’Union européenne, il en profite pour se défouler sur ses ministres. Tout le monde a son lot. Dans le domaine du commerce, c’est le prix du riz qui servi d’élément d’illustration de l’anarchie que feignait de dénoncer le président de la République.

Très habile dans ce type de mise en scène, il s’est étonné de la multitude de prix de riz qui sont pratiqués sur le marché guinéen. Il dit notamment ne pas comprendre comment se fait-il que le sac de riz de 50 kg vendu à 200.000 francs guinéens au niveau du conteneur, s’échangerait-il à 250 voire à 260.000 francs sur le marché. Et la mesure qu’il voudrait instaurer pour lutter contre cette situation, c’est la mise en relation directe des vendeuses de riz et des importateurs. Aux premières, les seconds céderaient alors le sac à 190.000 francs. A leur tour, les vendeuses donneraient le sac à 210.000 francs.

Cette proposition a bien entendu pour objectif de faire croire aux femmes que le président se soucie profondément de leur sort. Mais ce que ces pauvres dames ne peuvent malheureusement pas toujours comprendre, c’est qu’il n’y a aucune chance que le mécanisme marche. Il suffit juste de rappeler l’épisode des magasins témoin et le fiasco qui en a résulté. Et le fait même que le chef de l’Etat se mêle à un tel niveau de détails est illustratif de la décadence des structurelles étatiques en charge de ces questions.

C’est aussi la preuve qu’Alpha Condé, à bout de souffle et en panne de stratégies, tourne encore en rond. Autrement, un président de la République n’a pas vocation à réguler le marché et à organiser directement les acteurs dans ce marché. Celui, dans un contexte normal, fonctionne selon des principes impersonnels. Il suffit pour cela que les structures en charge de faire tourner la machine soient mises en situation de s’acquitter de leurs missions.

Et tout naturellement, quand il y a défaillance, le niveau de responsabilité est identifié sans crier gare et les sanctions appropriées mises en branle. Bref, quand un président de la République sait comment faire tourner les choses, il n’a pas besoin de paraître pour que les effets de sa gestion se manifestent. C’est quelque chose qui coule de source.

Mohamed Sow, www.kababachir.com

 

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