Processus électoral en Guinée : La CENI tente de rassurer les acteurs politiques

Alors que le chronogramme des élections divise la classe politique guinéenne, la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) tente de rassurer les acteurs politiques. L’institution chargé d’organiser les élections en Guinée a entamé une série de consultations avec tous les acteurs politiques impliqués dans le processus électoral.

Mais les partis politiques, qui étaient pourtant conviés à la rencontre ont brillé par leur absence.

S’exprimant au nom de son institution, Ibrahima Kalil Keïta, vice-président de la CENI et président du Comité inter parti (créé récemment par Bakary Fofana), dira qu’il s’agit d’une rencontre de partage d’information entre la CENI et les acteurs politiques.

De son côté,  Mme Djenabou Touré, commissaire de la CENI, est revenu sur les différentes activités de la CENI, qui selon elle, ne fixe pas la date des élections, mais propose un chronogramme électoral : « La CENI ne fixe pas la date des élections. C’est le président de la République qui fixe la date des élections. C’est lui qui convoque le corps électoral pour le scrutin. La CENI déroule un chronogramme pour lui permettre d’arriver conformément à la loi à une proposition de date », a-t-elle précisée.

Justifiant le retard de la tenue des élections communales, Djenabou Touré rappelle que la régionalisation n’est pas encore effective et pointe du doigt le virus Ebola qui serait, selon elle, un handicap, pour que la CENI puisse poursuivre ses activités.

« Si on doit organiser, ce n’a pas seulement les élections communales, les élections locales, c’est d’abord les élections des conseillers. On commence à la base, les conseillers des quartiers et districts, parce que dans les communes rurales c’est les districts. Donc il faut faire l’élection des Conseillers des districts, les conseillers des quartiers ensuite pour venir aux conseillers communaux.  (…) La régionalisation n’est pas effective, on attend qu’elle soit effective…. » a-t-elle ajoutée.

Mais ces arguments de la CENI sont-ils convaincants ? Pourquoi avoir attendu jusqu’à maintenant pour amener ces contraintes ?

Pendant que la CENI poursuit l’installation de ses démembrements à l’intérieur du pays en prélude des prochaines élections présidentielles du 11 octobre prochain, la classe politique guinéenne est plus que jamais divisée sur le chronogramme électoral.

L’opposition qui a annoncé des actions d’envergures qu’elle entend mener, dénonce des manœuvres orchestrées par le pouvoir en complicité avec la CENI, pour organiser une mascarade électorale, exige toujours la tenue des élections communales avant la présidentielle.

Après avoir inversé l’ordre des élections, la CENI parviendra-t-elle à renouer le climat de confiance avec les acteurs politiques ?

En tout cas, l’opposition dit ne plus reconnaitre la CENI dans sa composition actuelle et exige une CENI partiellement recomposée.

Abdoul Wahab Barry, www.kababachir.com

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