PROCESSUS ELECTORAL : La Guinée déteint-elle sur le Niger ?

Via Alpha Condé et Mahamadou Issouffou, les peuples guinéen et nigérien s’entendent parfaitement. Un peu trop même, pourrait-on dire. Ainsi, comme si la Guinée l’avait inspiré, le Niger va au-devant d’une crise politique qui, à bien des égards, ressemble bien au problème dont la Guinée peine à se sortir. Là aussi, il est en effet question de l’ordre de la tenue des élections. Le pouvoir veut des présidentielles, avant les locales. L’opposition exige l’inverse.
Si tout va bien, le 21 février 2016, les électeurs nigériens se rendront aux urnes pour élire non seulement le président de la République, mais aussi les députés. En effet, selon le chronogramme publié par la CENI, c’est à cette date que les présidentielles, couplées aux législatives, se tiendront. Un mois après, les élections locales, sont programmées le 20 mars de la même année.
Mais d’ores et déjà, l’Alliance pour la démocratie, le développement et la République (ARDR), réunissant les principaux partis politiques de l’opposition, conteste ce calendrier. Pour l’instant, ils ne donnent pas le motif du rejet de ce calendrier. Mais ils en contestent l’ordre de programmation des scrutins. Ils ne souhaitent pas que les présidentielles précèdent les locales. L’histoire se chargera de  dire si, comme dans le cas guinéen, ils seront déboutés de cette revendication ou s’ils auront plus de chance.
Cependant, la ressemblance avec le cas guinéen ne s’arrête pas là. L’opposition nigérienne aussi met en doute l’indépendance de la CENI. Même si elle ne s’est pas privée de rappeler au sujet du chronogramme en question, que ses représentants au sein de l’institution en charge de l’organisation des élections, avaient émis des réserves au moment de son élaboration.
En gros, les opposants nigériens comme ceux guinéens, ne sons pas nécessairement à l’aise avec l’indépendance de la CENI. Mais ils y ont encore des représentants dont ils invoquent les avis quand cela leur est nécessaire. Une attitude paradoxe que les deux pays ont également en partage, de la part de leurs oppositions respectives.
Anna Diakité, www.kababachir.com

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