Que cherche Dalein à Bruxelles ?

Un voyage pour le moins subite – pendant que des séries de manifestations politiques sont déroulées, malgré les morts d’hommes, les exactions policières avec une kyrielle de villes mortes – mais programmé diraient certains proches du leader de l’UFDG. Le départ de Dalein Diallo pour Bruxelles suscite bien des interrogations.

Dalein Diallo s’est envolé pour Bruxelles à l’avant-veille de la semaine décisive de l’opposition, celle de renouveler les villes mortes et autres politiques. Le voyage en soi n’émeut personne. Mais c’est la coïncidence supposée ou réelle entre le séjour d’Alpha Condé en France et à Bruxelles et celui du chef de file de l’opposition, en pleine crise de confiance qui intrigue. Wanindara, théâtre d’exactions inouïes orchestrées par des policiers pour l’essentiel sur de paisibles citoyens y compris des vieilles personnes et des femmes est loin d’être pacifiée. Les corps des deux jeunes gratuitement tués sont encore chauds. Les larmes des proches et autres parents ne sont pas encore sèches, etc., ce voyage de Dalein intrigue l’opinion.

Pour ne rien arranger, cette photo de Dalein, les deux poignets croisés et qui tourne en boucle sur les réseaux sociaux depuis le samedi 10 novembre 2018 à l’aéroport international de Conakry Gbessia, avec le général Bouréma Condé, ministre de l’Administration du territoire et de la Décentralisation assomme, malmène, inquiète et fait douter. L’image décrédibilise Dalein. Elle décapite la rage de lutter pour l’instauration des principes démocratiques tant prônés par Dalein lui-même. Elle sape enfin le moral. De quoi inspirer certains : «Nous avons ressenti une profonde douleur en voyant ces photos, au moment où le régime dont il est un des plus cyniques, est dans une logique de génocide contre la communauté peule de Ratoma. Tant que vous faites le poli, l’homme bien éduqué et sage devant ces barbares, ils ne vous prendront pas au sérieux et ils ne reculeront pas de leur objectif affiché du nettoyage ethnique en Guinée (…) la politique d’apartheid d’Alpha Condé et du régime RPG contre les Guerzés avait fait près de 200 morts en juillet 2013 dans la région forestière. Ils ont juste cherché une trêve avec les Forestiers… », fulmine-t-on.

On aura beau démenti une possible rencontre outre-frontières entre Dalein et Condé, mais, la rumeur se fait persistante. On le sait, les militants UFDGistes se sont dressés farouchement contre l’invitation de leur leader à Sékhoutouréya. Dalein Diallo doit rester sur cette posture au risque d’écourter sa carrière politique encore au nom d’une prétendue sortie de crises. Un grand choix est à faire. Un choix historique. Un choix responsable.

Déjà, le même Dalein a donné le ton dans son adresse aux militants et à tous les Guinéens épris de justice te de paix : « J’entends votre colère et votre souffrance étreinte par le sang indument versé de nos enfants. Croyez-moi, je partage vos tourments, vos peines, vos douleurs.Résistance et résilience sont les chemins qui nous mèneront au salut. Nous ne devons céder à aucun fatalisme, parce que c’est notre démission qui est le ferment du mépris d’Alpha Condé. Regardons-le en face, bien en face, pour qu’il comprenne que le glas de notre combat ne peut pas sonner. Lui dire que chacune des injustices qu’il nous inflige est l’image qui fertilisera une nouvelle détermination. S’il fallait donner ma vie pour notre pays, le sacrifice de mon âme ne serait pas trop grand. Ma vie ne représente pas grand-chose, pour ne pas dire rien, face au destin de notre pays. »

 Rencontre ou pas avec Alpha Condé, Dalein joue son avenir. Et Lansana Kouyaté de prévenir : « Mais comment voulez-vous que le pouvoir prenne au sérieux quelqu’un qui, marionnette aujourd’hui, demain tend la main et bricole avec le pouvoir ? Dans ça, un accord ne sera jamais respecté. Voilà des situations qui sont un danger, et pour l’UFDG qui est un grand parti, et pour toute la Guinée, parce que ça nous expose à de multiples souffrances ». A Dalein Diallo de savoir agir en toute responsabilité historique. A défaut, adieu 2020 !

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.