Qui est Slobodan Praljak, l’accusé qui a avalé du poison lors du verdict au TPIY ?

Cet ex-militaire croate s’est donné la mort en pleine audience, ce mercredi à La Haye.

L’image est hallucinante. Coup de théâtre au Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) de La Haye. Slobodan Praljak est debout pour écouter sa condamnation à 20 ans de prison, ce mercredi. Subitement, cet ex-militaire croate jugé pour épuration ethnique crie «Praljak n’est pas un criminel ! Je rejette votre verdict», s’empare d’une fiole dissimulée jusque-là, et la boit d’un trait. Le liquide ? Du poison, qui causera sa mort quelques heures plus tard.

En Croatie, l’homme de 72 ans dont la vidéo du suicide tourne en boucle à la télévision, est considéré comme un héros. La semaine dernière, la présidente Kolinda Grabar-Kitarovic avait rédigé un message d’hommage, lu lors d’une promotion d’un ouvrage en son honneur, «Général Praljak». A l’annonce de son empoisonnement, la cheffe d’Etat a interrompu en urgence une visite en Islande.

 

Ses faits d’armes ? Avoir dirigé les forces de la république croate de Herceg-Bosna lors de violents combats contre la Bosnie en 1993 et 1994. Mercredi, le TPIY le jugeait lui et cinq autres ex-responsables pour «entreprise criminelle commune». En clair, d’épuration ethnique dans les zones qu’ils contrôlaient.

Cet ingénieur électricien de formation, diplômé de philosophie et de cinéma, et ancien directeur du théâtre de Zagreb est aussi cité pour avoir été à l’origine d’un des actes les plus symboliques de ce conflit dans les Balkans : la destruction du pont de Mostar.

 

Le pont de Mostar a été reconstruit à l’identique depuis

AFP

 

Construit par les Ottomans au XVIe siècle, l’ouvrage enjambait la Neretva, le fleuve qui traverse la ville de Mostar, partagée entre Bosniaques musulmans et Croates catholiques. Le 9 novembre 1993, des tirs de l’artillerie de la république croate de Herceg-Bosna l’envoient s’écraser dans les flots. L’homme accusé d’avoir ordonné les frappes ? Slobodan Praljak. Sa défense ? «C’était juste un vieux pont», lâcha-t-il en 2004.

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