RDC/COVID 19/Les morts et les malades étant invisibles, la majorité de la population ne croient pas au danger »

Lisez plutôt le témoignage de: Madame Diane Tupemba  Tabishinde, vice-présidente de l’Association de mamans du ministère des transports et voies de communication / Secrétariat Général des Transports et Voies de Communication de la RDC Kinshasa nous explique une réalité de terrain pendant la pandémie.

C’est en tant qu’agents d’État de la fonction publique pour le compte du ministère des transports que des femmes se sont réunies pour réfléchir aux conditions de la femme au sein de leur ministère. 
Cette association créée afin d’ouvrir les consciences et d’aider les femmes en difficulté, ne bénéficie d’aucune aide budgétaire de l’État  et ne vit que sur des fonds propres et les cotisations de ses membres. Lorsque des situations difficiles nécessitent des moyens plus importants c’est encore les membres de l’association qui subviennent aux besoins.
La pandémie s’abattant sur les populations, l’association a dû mettre en veille ses actions, les gestes barrières ne permettant pas de recevoir comme il aurait été nécessaire, c’est un service minimum qui a été mis en place. 
De même l’État a suspendu les cours dans les universités et le écoles, les lieux de cultes et réduit le nombre de fonctionnaires pour le service de l’État. 


Avec l’épidémie le confinement devrait être mis en place comme partout dans le monde. Pour les habitants de Kinshasa qui vivent en temps ordinaire avec moins d’un dollar par jour, le confinement ne peut être suivi.  À Kinshasa comme dans tous les pays où les populations n’ont pas de revenus fixes, il est impossible et impensable de demander aux personnes de ne pas sortir pour travailler et gagner de quoi se nourrir au jour le jour. 
Le confinement pour qu’il soit suivi et compris demande de la communication et de l’accompagnement. En RDC les populations ne sentent pas concernées car aucune sensibilisation n’a été faite, avec 1 000 cas officiellement déclarés, les gens doutent de la contamination. Les morts et les malades étant invisibles,  la majorité de la population ne croient pas au danger. Le système de santé n’est pas à la hauteur de ce qu’exigerait cette pandémie. Le gouvernement a pris des mesures qui n’ont pas été suivies de véritables actions comme l’accès aux masques. En revanche, l’obligation de porter un masque étant en vigueur, une amende de 5 000 francs CFA soit 2,5 dollars est dressée aux personnes qui ne le portent pas. La population se sent vraiment livrée à elle-même sans soutien.
De même au niveau des écoles le gouvernement a ouvert des sites accessibles par internet pour que des cours soient dispensés, mais là encore les populations pauvres n’ont aucune possibilité de connexion faute de moyens.
Pour les veuves et les femmes seules avec des enfants, c’est le sentiment d’abandon total qui est ressenti et l’incertitude de l’avenir. Il est impossible de garder à la maison les enfants qui ne vont pas à l’école  et le seul réconfort c’est que les enfants ont encore le goût pour jouer.
Malgré cette terrible période qu’il faut traverser, les femmes ne baissent pas les bras et se sentent fortes, justement à travers l’énergie que transmettent les enfants pour continuer à vivre avec la Grâce de Dieu. Les femmes qui sont porteuses de vie savent depuis leur jeune âge faire face aux épreuves, c’est la force puisée en Dieu et dans l’amour de leurs enfants qu’elles continuent leur combat.


Par Uche EJIMS Focus Africa    

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