Real Madrid-PSG : petits secrets d’un voyage raté

De la destitution de Thiago Silva à la sortie de Rabiot après la défaite, le PSG a vécu un voyage mouvementé en terre madrilène. Récit.

C’était le jour d’avant. En posant le pied à Madrid mardi soir, Presnel Kimpembe ne se fait guère d’illusions. Le jeune Parisien a la conviction qu’il va s’asseoir sur le banc de touche, une nouvelle fois dans un grand rendez-vous. Pourtant, des bruits commencent à lui revenir aux oreilles. «Le coach n’a pas encore pris sa décision sur les deux centraux», souffle dans la soirée un membre du staff. En fait, si. Unai Emery a déjà choisi de rompre avec Thiago Silva, son capitaine, et a mis sa hiérarchie dans la confidence. Un geste transgressif contre lequel personne, dans la haute direction du club, ne s’oppose.

Quand Emery déboulonne une statue

Mercredi, jour du match, l’Eurostar Tower Hotel, à cinq minutes en voiture du stade Santiago-Bernabéu se réveille tout doucement. La matinée ressemble à toutes celles qui précèdent une rencontre de Ligue des Champions. Les joueurs défilent à leur rythme au petit-déjeuner. En fin de matinée, l’entraîneur rompt le rituel habituel en convoquant Thiago Silva. Sans tourner autour du pot, l’entraîneur parisien lui annonce qu’il ne sera pas titulaire. Il justifie son choix par des raisons sportives, plus favorables selon lui à Kimpembe. Une manière diplomatique de déboulonner une statue.

Les remplaçants restent de glace

Thiago Silva encaisse le choc et se referme sur lui-même. La nouvelle se diffuse lentement dans les deux étages occupés par la délégation parisienne. Kimpembe, évidemment, est alerté mais il n’aura la confirmation officielle que vers 17h, quand Emery annonce au groupe la composition de son onze de départ.

Dans la foulée, le coach se lance dans une causerie, en français, qui se veut mobilisatrice. De façon très inhabituelle, le texte supposé de son discours est diffusé, une heure plus tard et in extenso, par le site parisunited. Le coach espagnol convoque les démons du Camp Nou pour mieux les chasser. Il parle d’un message à adresser «au Monde, à la planète toute entière». Un style papal, grandiloquent, qui ne transporte pas forcément son auditoire. Les remplaçants, eux, restent de glace.

Zahavi, Neymar senior et compagnie

Dans le lobby de l’hotel, les parents, amis et agents de joueurs croisent les salariés et les dirigeants du club. Le père de Neymar est là, non loin de Pini Zahavi, l’intermédiaire qui a travaillé sur le transfert de la star l’été dernier. Le frère d’Edinson Cavani croise l’agent de Dani Alves. Nasser Al-Khelaïfi, lui, rentre de son déjeuner officiel vers 17h. Lors de la causerie, Lassana Diarra apprend lui aussi qu’il va s’asseoir sur le banc de touche. Une surprise pour le nouveau venu qui, jusqu’au dernier moment, était convaincu qu’il débuterait la rencontre. A son arrivée au stade, Thiago Silva reste cloîtré dans le vestiaire. Il n’apparaît sur la pelouse que pour un échauffement à la mi-temps.

La sortie de Rabiot

Après le match, les éléments de langage sont rapidement arrêtés puis transmis aux joueurs et au président. Il est convenu de cibler l’arbitrage de l’Italien M. Rocchi, histoire de jeter les bases d’un climat de pression sur le match retour. Une manière aussi de faire diversion et de ne pas pointer du doigt l’inefficacité de l’attaque parisienne. Un discours formaté dont s’extrait Adrien Rabiot. Irréprochable sur le terrain, le Parisien évoque le fond de sa pensée. «C’est facile d’en mettre 8 à Dijon ou quatre en championnat…Mais c’est dans ces matchs-là qu’il faut être décisif». Une pierre dans le jardin de Neymar, auteur d’un quadruplé contre Dijon en janvier ? Cette petite phrase touche en tout cas un point sensible et crée de l’émoi dans la délégation parisienne. Pourtant, dans l’avion du retour, personne ne pipe mot. Le debriefing, c’est pour aujourd’hui à la reprise de l’entraînement.

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