Réforme des finances publiques : La Guinée contrainte et forcée

En Afrique, il arrive vraiment que les dirigeants se montrent indignes de la souveraineté nationale. Parce que prêtant le flanc à une conception qui demeure toujours révoltante de la part de certains soi-disant partenaires. Les autorités nous ont dernièrement donné un de ces affligeants spectacles. C’était à la faveur de session du comité de pilotage du Programme d’appui aux réformes des finances publiques (PARFIP). En effet, mettant à profit la cérémonie d’ouverture de cette session, le chef de la délégation de l’Union européenne en Guinée, Gierardus Gielen a publiquement annoncé qu’une enveloppe de 13 millions est à la disposition de la Guinée de la part de son institution. Mais il n’a pas omis de préciser que pour toucher les sous, la Guinée se devait au préalable de réunir deux dernières conditions.
La Cour des comptes mise en place, une de ces conditions consiste pour Alpha Condé et son gouvernement de produire et transmettre à cette institution les comptes de gestion des derniers exercices budgétaires. L’autre condition est celle qui exige de la Guinée qu’elle veille à améliorer les recettes internes à travers l’élargissement de l’assiette des contribuables et la fiabilisation du numéro d’identification fiscale.
Ces conditions ne sont pas humiliantes parce qu’elles sont exigées du partenaire européen. Elles le sont parce qu’on n’aurait pas dû attendre que quelqu’un d’autre les exige. Il est même incompréhensible que le gouvernement du président Alpha Condé soit soumis à une telle exigence. Quand on se rappelle toutes les promesses de réforme çà et là assenées, on ne peut s’empêcher de se demander comment se fait-il que la Guinée ait attendu de se faire ainsi infantiliser. Pourquoi avoir attendu que les autres exigent de nous des pratiques qui vont de soi et qui, par ailleurs, nous sont bénéfiques en premier lieu.
C’est si incongru que finalement, même si les autorités venaient à réunir les conditions en question, elles n’auraient pas raison de s’en vanter. Car en réalité, elles auront été contraintes et forcées de les réunir.
Alexis Doré, www.kababachir.com

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