REPORT DES ELECTIONS LOCALES : Cheick Sako agacé

La légèreté qui caractérise la Commission électorale nationale indépendante (CENI) est sur le point de révolter tout le monde. En sorte que l’hypothèse du report des élections locales annoncé à l’issue de la retraite de Kindia a du mal passer même dans le camp du pouvoir. On a ainsi entendu Baïdy Aribot et Laye Junior Condé. Mais de tous ceux qui, dans le camp du président Alpha Condé, en ont marre des tâtonnements et de l’irresponsabilité de la CENI, c’est certainement Cheick Sako qui est le plus rebuté la perspective du report des élections locales.

Président du cadre de dialogue politique inter-guinée, le ministre de la justice Garde des sceaux est le garant du respect des dispositions de l’accord du 20 août. A ce titre, il avait laissé entendre à l’issue d’une récente réunion du comité de suivi de cet accord, que les élections communales et communautaires, conformément à l’entente conclue entre les différents acteurs, se tiendraient effectivement au plus tard le 30 juin 2016.

Plutôt porté sur la préservation de son image et de son intégrité, il n’a pas dû apprécier que la CENI voudrait le faire mentir en alléguant que les élections n’auraient lieu que dans le dernier trimestre de l’année. Et l’a clairement fait savoir. Ainsi, réagissant à l’information qu’il a apprise via les médias, vu qu’il est en mission à l’étranger, il n’a pas fait dans la dentelle. Selon lui, ce n’est surtout pas à la CENI de fixer la date de l’élection. A l’en croire, dans le meilleur des cas, cette dernière ne peut que faire des propositions. Mais l’ultime décision reviendrait exclusivement au comité de suivi, dans lequel toutes les parties se trouvent représentées.

De la part d’un ministre qui a certainement fait l’effort de ne pas trop égratigner les responsables de la CENI, on devine aisément que derrière cette mise en garde se cache un agacement qui frise l’humiliation. C’est à croire que Cheick Sako commence à en avoir marre des inconfortables positions dans lesquelles la CENI et avec elle, le pouvoir du président Alpha Condé, ne cesse de le placer. Il reste désormais à traduire cet agacement en acte concret.

Anna Diakité, www.kababachir.com

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