Retour de Dadis et arrivée de Fatou Bensouda : ‘’Une simple coïncidence’’, selon la Procureur de la CPI

Interpellée par un journaliste sur la raison de sa présence en Guinée, au moment où on annonce le retour au bercail de Moussa Dadis Camara, la Procureur de la Cour Pénale Internationale (CPI) Fatou Bensouda, estime que sa présence en Guinée n’a rien à voir avec le retour de Dadis.

« Mon intérêt pour la Guinée n’a rien à avoir avec l’annonce du retour  (de Dadis). J’ai été invité par le ministre de la justice dès le mois d’octobre. C’est des questions de calendrier qui ne m’ont pas permis d’honorer cette invitation auparavant. Mais c’est quelque chose qui était prévu de longues dates. Si j’avais pu venir plutôt je serai venu », s’est défendue la Procureur de la CPI au cours d’une conférence de presse mettant fin à sa visite de travail des 72 heures en Guinée.

Pour Fatou Bensouda, la fonction qu’elle exerce au sein de cette instance judiciaire n’a rien à voir avec la politique: « Je voudrais souligner que mon domaine d’action, c’est la justice. Mon job c’est la justice, ce n’est pas la politique. J’exerce mon mandat sans aucune considération politique » a-t-elle déclarée.

Depuis l’annonce de la candidature de Moussa Dadis Camara à la présidentielle du 11 octobre prochain et son retour annoncé après le mois de Ramadan, le dossier sur le massacre du 28 septembre connait une certaine avancée dans la procédure judiciaire, avec l’inculpation récemment des deux officiers supérieurs de l’armée guinéenne, en l’occurrence le Général Mamadouba Toto Camara, ex-N°2 du CNDD (la junte militaire) et le Général Mathurin Bangoura, également membre du CNDD.

Pour rappel, le 28 septembre 2009, au cours d’un rassemblement d’opposants à la candidature de l’ex-Chef de la junte militaire, Moussa Dadis Camara à la présidentielle, au moins 157 civils ont été tués par les forces de l’ordre et des éléments de la garde présidentielle, plus d’un millier de blessés et une centaine de femmes violées.

Six ans après, les enquêtes se poursuivent et 14 personnes soupçonnées d’avoir participé au massacre ont déjà été inculpées et les enquêtes se poursuivent pour déterminer les coupables de ces crimes contre l’humanité.

Devant cette tragédie et malgré la lenteur du dossier, le ministre guinéen de la Justice se veut rassurant. Au cours d’une conférence de presse, Me Cheick Sako a exprimé le souhait de voir l’ouverture du procès des auteurs de ces crimes avant la fin de l’année.

Abdoul Wahab Barry, www.kababachir.com

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