Retour de Thian’ghel: « cela prouve que la justice a voulu faire plaisir au politique » (Me Traoré)

Rentré discrètement la semaine dernière à Conakry après 5 ans d’exil forcé, suite au décès de notre confrère Mohamed Koula Diallo, tué devant le siège de l’UFDG, le 05 février 2016, suite à un affrontement entre pros et anti-Bah Oury, Souleymane Thian’ghel Bah, faisait parti des personnes condamnées sans avoir été jugé encore d’être convoqué par apporter sa part de vérité dans cette affaire.

Alors que l’appel interjeter devant le Parlement de la CEDEAO n’a pas encore livré son verdict,  Souleymane Thian’ghel Bah a finalement regagné le bercail, après des négociations avec le pouvoir de Conakry.

Selon le mis en cause, le Chef de l’Etat guinéen n’avait pas tous les détails dans cette affaire. ‘’Quand il a été informé, il a demandé de prendre toutes les dispositions afin que Souleymane Thian’ghel puisse rentrer sereinement et en toute sécurité en Guinée’’, a informé l’ancien responsable de la Communication de l’UFDG.

Devant cette décision judiciaire, qui avait condamné un ‘’certain Thian’ghel’’, des questions restent en suspens quant à la transparence dans la prise des décisions judiciaires et l’indépendance de la justice guinéenne.

C’est du moins la remarque faite par Me Mohamed Traoré. Dans une tribune publiée sur sa page facebook, l’ancien Bâtonnier et avocat à la Course se pose des questions…

 ‘’Le retour dans son pays du célèbre Souleymane Bah dit Thian’ghel, après cinq ans d’exil, prouve encore une fois que la justice doit se remettre en cause. Elle ne peut et ne doit pas être sourde aux critiques des citoyens.

Le cas de Thian’ghel prouve encore une fois qu’à chaque fois que la justice a voulu faire plaisir au politique, le politique l’a désavouée en fonction de ses intérêts du moment. Et elle doit comprendre que le politique s’est toujours servie et continue à se servir d’elle en fonction des ses intérêts du moment.

Le jour où les magistrats comprendront qu’ils ne doivent pas être des instruments entre les mains d’un régime et que les régimes passent mais la justice demeure, ils auront fait un grand pas dans la nécessaire prise au sérieux du sacerdoce qui est le leur.

Si le législateur prévoit le délit d’outrage à magistrat, c’est parce que le magistrat n’est pas et ne doit pas être n’importe qui et n’importe qui ne doit pas être magistrat. Ce qui veut dire que le magistrat doit mériter le respect qui lui est dû. Un magistrat corruptible n’en est pas un; un magistrat qui rend des décisions pour faire plaisir ou de peur de ne pas perdre son poste ou sa fonction n’en est pas un; un magistrat qui n’a pas peur de violer la loi, quelles qu’en soient les conséquences, n’en est pas un; un magistrat qui rend des décisions basées sur des motivations politiques ou communautaristes n’en pas un. En plus, un tel magistrat ne mérite aucun respect et fait la honte de la magistrature. Un magistrat, à moins d’être paien, ne doit jamais oublier qu’il rendra compte lors du Dernier Jugement et ce jour seules ses bonnes actions le sauveront. Qu’il aille mille fois sur les Lieux Saints de l’Islam ou de la Chrétienneté, qu’il aille à la mosquée tous les vendredis où à l’Église tous les dimanches, cela ne servira à rien, en tout cas ne pourrait effacer ses mauvaises actions dans l’accomplissement de sa mission.’’, a fait remarquer Me Traoré.

Alfred Bangoura, www.kababachir.com

  1. bateka dit

    Ceux qui en doutaient encore ont la preuve que le president Alpha Conde de surcroit juriste de formation incarne tous les pouvoirs en Guinée. C’est lui qui inculpe, c’est lui qui juge et c’est encore lui qui condamne et libere qui il veut a sa guise. Bref l’Etat en Guinée c’est lui.
    Qui sait quel role il prévoit pour Thiangel Bah. Le cas Bah Oury est illustrative.

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