Réveillon et précarité: quart d’heure dans un salon de coiffure !

A quelques encablures de la cité de la CBG, non loin du rond-point de Hamdallaye, un salon de coiffure bien côté borde la bretelle qui mène le QG du parti de Dalein Diallo. Bienvenue au salon ‘’Chez Saoudine’’.

Ici, le réveillon ne se sent pas. L’affluence des femmes et des jeunes filles n’est pas de mise. On se ronge les pouces, tisse quelques rares perruques qui ont pignon sur rue. Ou très souvent, on y tresse des choses très ordinaires. La maitresse du salon se complaint : « Le jour du 24 décembre, on a enregistré aucune cliente, même pour faire de la manucure, à plus forte raison, acheter des mèches ou se tresser. On a passé la journée entière à nous raconter des tranches de vie. On comprend vraiment qu’Ebola en plus de la précarité de la majorité des Guinéennes ont eu des conséquences impitoyables sur notre activité. »

Pendant qu’elle exprimait son désarroi, subitement, une cousine débarque. Elle veut des tresses communément appelé ‘’Kouy-kouy’’. Après tout le travail fait, un billet de dix mille GNF est tendu à la maitresse, sourire en coin, comme pour dire, faute de grives, on mange des merles. C’est cela l’autre image de Conakry, à la veille du Réveillon.

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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