Sadakadji débarque au RPG : se livrer ou livrer son portefeuille ?

Diallo Sadaka est le financier qui a favorisé l’attentat manqué à mon domicile privé, à Kipé. C’est l’accusation formulée par Alpha Condé contre l’opérateur économique, alors très proche de Dalein Diallo. Il y a déjà quatre ans. Les uns et les autres sont condamnés. D’autres purgent toujours leurs peines sans être jugés. Certains sont confinés à l’exile : Bah Oury, Tibou Kamara, etc. tout aussi cités par Alpha Condé. Diallo Sadakadji s’est installé à Dakar. De là, il a toujours tenté de valider son nouveau parti, impossible.

 Aujourd’hui, il parait que tout joue en sa faveur pour que ce rêve devienne une réalité. Pour y arriver, Diallo ne ménage personne, surtout pas ses anciens alliés. Il fait désormais de la politique. Bien entendu, avec le cœur. Jusque-là, il invitait « tous les Guinéens sans discrimination pour combattre l’injustice et l’ethnocentrisme et à œuvrer effectivement pour le redressement du pays. » Il estimait que «C’est maintenant qu’il faut se lever pour se débarrasser définitivement de la dictature qui continue à gangrener la Guinée. » Et d’ajouter : « Au départ, la Guinée a été martyrisée et traumatisée ; à présent, elle est terrorisée, humiliée et pillée par un aventurier à la tête d’un clan qui a instauré un favoritisme médiéval à connotation ethnique, qui a dégradé par égoïsme les conditions de vie déjà précaires d’une population démunie et qui continue à dilapider avec fébrilité les recettes minières de notre pays. »

 Il ne s’arrête pas là dans ses diatribes : « La Guinée est en ruine par la faute de l’actuelle équipe au pouvoir composée d’individus ignares, cupides et donc peu recommandables qui ne cherchent qu’à s’enrichir avant de s’enfuir. » Ne regardez surtout pas loin. Il veut parler effectivement d’Alpha Condé et de son gouvernement. Ce discours a changé aujourd’hui. C’est un autre qu’il tient. Car, « Alpha Condé m’a convaincu », lâche-t-il, ravalant ses crachats. Il a envie de se livrer et en même temps faire profiter à l’actuel président, déjà candidat à sa propre succession de ses financements, de son portefeuille. Il n’a quand même pas de militants qui puissent inquiéter le dernier des candidats à la présidentielle prochaine. On le sait, il reproche à son ex-allié Dalein Diallo et ses pairs de l’opposition ce qu’il appelle « la mollesse de l’opposition ».

 Or, jusque-là, lui Sadakadji disait qu’il veut faire la politique « différemment pour barrer la route à Alpha Condé qui est en train de détruire le pays. » Un tel discours aujourd’hui est blasphématoire. Dalein et les siens prennent avec beaucoup de philosophie le choix de l’opérateur économique. « Il m’a reproché de n’avoir pas suffisamment lutté contre Alpha Condé. Il a donc décidé de s’engager en politique pour le faire à ma place. Il voulait combler ce déficit d’énergie, d’engagement et de détermination. Et lorsque j’ai rencontré M. Alpha Condé, pour lui c’était la capitulation. Donc le conflit était né sur le fait qu’on estimait que l’UFDG ne faisait pas suffisamment pour déstabiliser le régime », réagit Dalein Diallo sur les ondes d’une radio locale, dimanche.

Sans le dire ouvertement, Dalein semble être sceptique quant au nouveau mariage entre Sadakadji et le RPG, ou plutôt Alpha Condé. A défaut donc de jeter Dalein dans la gueule de loup du pouvoir, Sadakadji fait son saut au RPG. Peut-être avec cette option, il pourra mieux travailler au développement de la Guinée. Partant, bien entendu, de tout le diagnostic amer que lui-même a posé auparavant. Il ne doit pas perdre de vue qu’avec Alpha Condé, rien n’est jamais sûr. Il suffit de demander à Lansana Kouyaté, Papa KolyKourouma, etc. en même temps financiers et leaders politiques charismatiques.

Mais, bon ! Sadakadji, c’est aussi des sacrifices, non ? Même les plus ultimes. Allons donc, on sera bientôt édifié. La présidentielle c’est déjà demain.

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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