Seine-Saint-Denis : pas de RSA au mois de décembre

Les habitants de Seine-Saint-Denis, allocataire du RSA, risquent de passer une dure fin d’année. Jeudi, le conseil départemental a décidé qu’il ne verserait pas les 40 millions d’euros dont a besoin la Caisse d’allocations familiales pour le paiement du RSA de décembre. Une décision qui vise à réveiller l’État, le département souhaitant que celui-ci mette la main à la poche. Depuis plusieurs années, sur fond de baisse des dotations de l’Etat, le président socialiste de l’un des départements les plus pauvres de France dénonce l’asphyxie financière générée par la hausse des dépenses sociales.

« Je n’inscrirai pas de crédits supplémentaires pour venir absorber l’incurie de l’Etat », a déclaré Stéphane Troussel, qui a soumis jeudi au vote de l’assemblée départementale une décision entérinant le refus du versement du revenu de solidarité active (RSA) de décembre, touché par plus de 100 000 allocataires. Pour 2017, 470 millions d’euros avaient été budgétés. Une somme qui, selon lui, ne permet pas au département de financer cette prestation jusqu’à la fin de l’année.

Un fonds d’urgence nécessaire

Stéphane Troussel demande que l’Etat comble le « trou » de décembre via un fonds d’urgence, qui avait octroyé 24 millions d’euros à la Seine-Saint-Denis en 2016. Avec la question de la prise en charge des mineurs étrangers non accompagnés (MNA), le RSA a été au coeur du Congrès des départements, qui s’est tenu à Marseille en octobre. Sur les Allocations individuelles de solidarité (AIS), notamment le RSA, Edouard Philippe a évoqué à cette occasion la mise en place d’un fonds d’urgence dans la loi de finances rectificative pour 2017 pour les départements les plus touchés, sans plus de précisions. L’an dernier, 200 millions d’euros avaient été distribués.

« A moyen terme, c’est le système de pilotage et de financement de nos allocations individuelles de solidarité qui doit être revisité », a estimé le Premier ministre. Une mission de réflexion travaille sur le sujet, a-t-il indiqué, en souhaitant « que l’on puisse concrétiser des propositions de réforme dans le cadre du projet de loi de finances pour 2019 ». L’Assemblée des départements de France demande que l’Etat compense le reste à charge du coût du RSA, qui s’est élevé à 4,3 milliards d’euros en 2016 pour les départements. Outre le RSA, les départements financent partiellement la Prestation de compensation du handicap (PCH) et l’Allocation personnalisée d’autonomie (APA), dont les dépenses ne sont compensées qu’à 57 % par l’Etat.

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