SLECG-Gouvernement : Jusqu’où ira le bras de fer ?

Alors que la menace de radiation des enseignants grévistes précise, l’on s’achemine sans doute vers le dernier ‘’round’’, dans le bras de fer qui oppose le syndicat des enseignants et le gouvernement guinéen, autour de l’augmentation du salaire à 8 millions de fracs guinéens.

Dans un courrier adressé récemment aux inspecteurs régionaux, préfectoraux et communaux de l’éducation, le ministre l’Education nationale et de l’Alphabétisation, entend agir et menace de sanctionner sévèrement tout enseignant qui ne rejoindrait pas son lieu de travail d’ici au 05 janvier 2019.

« J’ai demandé à la direction des ressources humaines (DRH) du ministère de l’éducation nationale et de l’alphabétisation de me faire la part des choses par rapport au gel des salaires et de me sortir la liste des enseignants ayant totalisé trois mois de grève et d’envoyer cette liste par IRE (Inspection Régionale de l’Education, Ndlr) et par DPE (Direction Préfectorale de l’Education, Ndlr) pour que les intéressés soient recherchés et informés. », a annoncé récemment Mory Sangaré.

Selon le Chef du département de l’éducation nationale, « Ce travail a été fait, mais on nous a remonté des noms dont on ne peut pas dire exactement si ce sont des grévistes ou si ce sont des enseignants qui n’exercent plus. C’était très important d’amener les structures de base à revérifier pour s’assurer que les intéressés sont effectivement en service et qu’ils sont des grévistes qui refusent de reprendre les cours malgré la proposition qui leur a été faite de reprendre les cours pour le dégel de leurs salaires. On ne souhaite pas sanctionner des innocents », précise Mory Sangaré.

De son côté, le Syndicat Libre des Enseignants et Chercheurs de Guinée (SLECG), à l’origine de la grève déclenchée depuis le 03 octobre dernier,  l’heure est à la mobilisation pour accentuer la pression sur le gouvernement afin d’obtenir les différents points de revendication.

Le Secrétaire général de cette structure syndicale croit encore a la possibilité de sa troupe de défier les autorités : « Nous sommes dans le dernier virage du combat, c’est le dernier face-à-face. (…)  Les balles sont finies, nous sommes maintenant face à face et nous sommes à quelques microns de la victoire. », Explique Aboubacar Soumah, qui encourager les enseignants à poursuivre le combat au cours d’une assemblée générale du SLECG.

Pendant que la menace de radiation se précise, Soumah et son groupe, ne décolèrent pas. Ils menacent  de reprendre la rue une nouvelle fois pour se faire entendre.

« Si un seul enseignant est radié, tous les enseignants débarqueront à la Primature et ils vont nous tuer tous » prévient le numéro un du SLECG.

Il reste à voir si l’implication de dernière minute de Tibou Kamara, qui aurait rencontré  Aboubacar Soumah, permettra de désamorcer cette crise qui mine le secteur de l’éducation nationale, depuis plus de trois mois maintenant.

Ibrahima Sory Camara, www.kababachir.com

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