Soudan (J.A) déverse des sottises sur Issoufou

«Issoufou, s’il avait essayé de changer la Constitution, il y aurait un coup d’État militaire le lendemain. C’est ce qui est arrivé à son prédécesseur. Tout de suite donc il n’avait pas cette possibilité. Il ne faut pas croire que les gens sont des simples. C’est rentré en ligne de compte chez Issoufou dans sa réflexion de dire je veux partir à l’issue de mon deuxième mandat, mais une impossibilité pour moi de faire un troisième. La tentative a, à un moment donné, existé chez lui. »

François Soudan qui venait par la même occasion de réhabiliter Alpha Condé en niant la pantalonnade électorale de Condé, en niant aussi son statut de dictateur, suite à l’embastillement de ses opposants, à la militarisation des quartiers favorables à l’opposition, à l’étouffement de tous mouvements politique et syndical, le même François envoie, on l’a compris, distille des mensonges. Echaudé avec ses acolytes par le prix Mo Ibrahim accordé au président nigérien, Soudan fait feu de tout bois pour rendre crasseuse la distinction du président. Soudan, à la solde des autocrates feint vite d’oublier que l’homme qu’il tance aujourd’hui a pris part à toutes les élections présidentielles organisées au Niger depuis l’avènement de la démocratie pluraliste au sortir de la conférence nationale souveraine de 1992.

Troisième après Mamadou Tandja et Mahamane Ousmane à l’élection de 1992, son parti a créé, avec la CDS et l’ANDP de MoumouniAdamouDjermakoye, un regroupement dénommé l’Alliance des forces du changement (AFC) ayant permis l’élection au second tour de Mahamane Ousmane face à Mamadou Tandja en 1993.Mahamadou Issoufouvient donc de loin. Il a évité les raccourcis, la compromission. Il a la démocratie en lui. Il a été Premier ministre de 1993 à 1994, président de l’Assemblée nationale de 1995 à 1996, député à l’Assemblée nationale de 1999 à 2009 et fut également quatre fois candidat aux élections présidentielles à partir de 1993. Très tôt donc, l’homme ne s’est pas encombré.

C’est pourquoi, une fois son ambition assouvie, Issoufou tranche, allant jusqu’à porter plainte contre les sirènes révisionnistes, au moment même où Conakry manipulait l’opinion avec l’invariable réponse: « C’est le peuple qui décide ». La démarche était claire à Niamey : «Je ne veux pas procéder aux triturations que l’on a coutume de voir en Afrique. Je n’ai pas cette arrogance de croire que je suis un homme providentiel irremplaçable. » Mahamadou Issoufou ne se porte pas candidat à sa réélection à l’élection présidentielle nigérienne de 2020-2021, la Constitution limitant à deux le nombre de mandats présidentiels.

Le respect de cette limitation dans le cadre d’élections libres et transparentes est alors un engagement maintes fois répété par Issoufou, qui lui vaut l’agacement de plusieurs de ses pairs africains ayant fait modifier ou ayant l’intention de modifier leur constitution pour la contourner.Le président sortant va même jusqu’à décider de désigner publiquement un «dauphin présidentiel » deux ans avant l’élection présidentielle de 2020 – en la personne de son ministre de l’Intérieur Mohamed Bazoum –, un fait rarissime sur le continent. Auparavant, en tant que président tournant de la Cédéao contraint ainsi le président guinéen Alpha Condé à surseoir la tenue de son référendum constitutionnel, Issoufou étant parvenu à convaincre les autres membres de l’organisation ouest-africaine de retirer sa mission d’observation, tout en multipliant les appels téléphoniques à Alpha Condé pour lui demander la révision du fichier électoral, l’inclusion de l’opposition dans le processus électoral, et la renonciation à un troisième mandat.

La suite ? Alpha Condé ayant forcé un 3è mandant en anéantissant au prix du sang toutes forces adverses, invite le principal opposant d’Issoufou à Conakry pour l’investiture. Mais, à 68 ans, Mahamadou Issoufoun’en a cure. Il a joué sa partition et le prix Mo Ibrahim d’un montant de cinq millions de dollarsen mars 2021 lui est décerné pour s’être « distingué par ses efforts pour améliorer le développement économique de son pays, tout en œuvrant pour la stabilité régionale. »

François Soudan peut donc continuer à mentir pour salir le président Issoufou, d’ailleurs inatteignable.

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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