Tibou dans le bourbier togolais : oubliées les frictions avec Condé ?

Il n’a pas encore réagi depuis la mise en place par Alpha Condé d’un organe dépouillant presque toutes les prérogatives à son département. Tibou Kamara ne semble point pressé pour faire le reproche au Président, en sa qualité de conseiller personnel. Le ministre de l’Industrie préfère pour le moment inscrire son nom dans l’Histoire togolaise où le feu est latent. C’est comme si, les frictions supposées ou réelles avec Alpha Condé sont oubliées.

En tout cas, Tibou Kamara fait des va-et-vient entre Conakry et Lomé. D’ailleurs, le comité de suivi de la Cédéao s’est réuni, le dimanche 23 septembre, avec les protagonistes de la crise togolaise. Plusieurs points d’achoppement ont été levés et les deux protagonistes ont estimé qu’il y a eu des avancées. Délégué par Alpha Condé en qualité de facilitateur, Tibou Kamara n’aura pas fait les choses à moitié. Il a dit devant les protagonistes qu’il ne faut pas faire « du fétichisme » sur le chronogramme. Il faut travailler pour organiser des élections crédibles et équitables.

Cette avancée, pourrait bien contenter Alpha Condé, lui qui a poignardé Tibou dans le dos avec un décret qui met sur pied une structure chargée de la gestion des zones économiques spéciales et des zones industrielles. Cette structure est directement rattaché au Président, pas au ministre Tibou Kamara. Ladite structure a un statut d’Autorité. C’est-à-dire qu’il pourrait même planer sur le ministre, parce qu’elle est doté d’une certaine indépendance administrative et financière. Cette autonomie rabaisse le ministre Tibou. Celui-ci est tenté aujourd’hui de démissionner puisque piétiné, trahi et abusé par Alpha Condé lui-même. Tibou aura donc le choix : continuer de faire l’esclave pour calmer les ardeurs et le feu dans le pantalon en arborant la tunique du ministre sans portefeuille ou rendre le tablier et donc abandonner Alpha seul au milieu du gué. Des jours après, rien n’indique qu’il y a du feu en la demeure. C’est tant mieux.

 

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

 

 

 

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