Tournée ouest Africaine d’Angela Merkel : la Guinée ignorée !

La Chancelière Allemande, Angela Merkel, a entamé depuis hier une tournée en Afrique Subsaharienne. Première étape, le Sénégal, où elle  a été accueillie mercredi par le Président Sénégalais, Macky Sall.

Cette tournée diplomatique ouest-Africaine intervient au moment où Berlin mise sur le développement du continent pour endiguer les flux migratoires et renforcer la lutte contre la menace jihadiste.

Combattre l’émigration illégale 

A Dakar, la Chancelière Allemande a lancé un message fort à l’endroit des jeunes Africains. Fortement préoccupée par les flux migratoires, un sujet sensible en Allemagne.  Anglea Merkel  estime qu’il est important que « les gens arrêtent d’entreprendre le voyage illégal et extrêmement dangereux vers l’Europe »,  en prônant à l’inverse une attention accrue à l’immigration légale, notamment celles des jeunes Africains désireux d’étudier en Europe avant de rentrer au pays pour mettre en œuvre leurs acquis.

« Nous ne devons pas être les complices des trafiquants d’êtres humains et nous ne devons pas juste regarder » sans rien faire, a de son côté déclaré Mme Merkel. « Nous devons combattre l’émigration illégale d’une part et créer des opportunités légales d’autre part », a-t-elle estimé.

Pour le Président Sénégalais, rapporte Le Monde, « La vocation de la jeunesse africaine n’est pas d’échouer dans la Méditerranée ou sur les rives de l’Europe ou de vivre dans la clandestinité », a-t-il dit, dénonçant les « réseaux de trafiquants et criminels ».

La Guinée ignorée…

Bien qu’à Conakry on estime que les relations de coopération guinéo-allemande sont au beau fixe,  la Guinée ne figure pas dans l’agenda de la Chancelière Allemande. Selon une source diplomatique, cette tournée ouest Africaine d’Angela Merkel concerne trois pays à savoir le Sénégal, le Ghana et le Nigéria.

Or, à ce jour, la coopération au développement entre la République fédérale d’Allemagne et la République de Guinée  se situe à différents niveaux, à savoir les  programmes pour l’amélioration des « services sociaux de base », notamment la santé reproductive et familiale et l’éducation de base avec un portefeuille actuelle de 75 millions€.

A cela, s’ajoute, le programme « Gouvernance Régionale du Secteur Extractif en Afrique de l’ouest » (environ 4 millions € pour la Guinée), l’Allemagne contribue à ce que les populations puissent bénéficier de l’exploitation des richesses de la Guinée en matières premières.

Au-delà, un Programme « Changement climatique, gestion des ressources naturelles, sécurité alimentaire »(14 millions €) sera mis en œuvre à partir de 2018 en collaboration avec l’Autorité du Bassin du Niger (ABN).

En fin, le Gouvernement allemand finance une multitude d’activités des organisations non-gouvernementales et du secteur prive à la hauteur de plus de 5 millions €.

Mais ce n’est pas une raison pour la Guinée soit programmée dans cette tournée diplomatique et stratégique de la Chancelière Allemande.

Offensive diplomatique

Face aux opportunités d’investissements et la problématique du terrorisme et de l’immigration clandestine, l’Allemagne veut renforcer sa présence en Afrique. Et cela passe d’abord par la stabilité politique et économique des pays Africains. D’où la raison du choix de ces trois pays, qui ont connu quelques progrès ces dernières années.

Selon nos confrères de Jeune Afrique, le Sénégal connait une croissance économique de 6 ou 7% depuis plusieurs années, tandis que le Ghana, dont l’économie est également en expansion, est considéré comme un havre de stabilité dans la région.

Bien que confronté aux actions terroristes du groupe jihadiste Boko Haram et à la volatilité des prix du pétrole, le Nigeria reste le second partenaire économique de l’Allemagne en Afrique sub-saharienne.

Abdoul Wahab Barry, www.kababachir.com

 

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