Transfert du dossier du 28 septembre à la CPI: Me Cheick Sako répond à l’INIDH et au député Sylla

Au cours d’une rencontre avec la presse jeudi, le ministre guinéen de la Justice, a apporté des précisions sur la situation du dossier du 28 septembre, dont le procès tarde encore à démarrer, sept ans après le massacre.

Pour Me Cheick Sako, qui était en colère contre les propos du président de l’INIDH, M. Kaba et le député Aboubacar Sylla, qui demandent le transfert du dossier à la Cour Pénale Internationale (CPI), en raison, disent-ils, de l’incapacité des autorités guinéennes de tenir un procès juste et équitable, la CPI ne peut pas prendre le dossier.

«Je commence par M. Kaba, (…) qui est président de l’INIDH qui est quand même une organisation constitutionnelle. J’ai demandé à son vice-président, Monsieur Yacine Diallo, pour savoir si c’est la position de l’INIDH ou celle de leur président. Il m’a dit que ce n’est pas la position de l’INIDH. Donc c’est la position de M. Kaba. C’est bon, c’est un citoyen guinéen, il a droit à avoir une position, mais quand on exerce des fonctions comme ça, à la tête d’une institution, il faut faire attention à ce qu’on dit. Quand il demande à ce que la CPI reprenne ce dossier parce que la justice guinéenne est incapable, elle ne pourra pas le faire, il insulte les magistrats guinéens, et ça je ne peux pas l’accepter », déplore le Garde et Sceaux guinéen.

Et Me Cheick Sako d’insister : « Sur le plan strictement juridique, la CPI ne peut pas prendre ce dossier. Je renvoie tout le monde sur le principe de subsidiarité. On ne peut pas dire qu’il y a une incapacité de la justice guinéenne. Il y a une lenteur certes, mais il n’y a pas une incapacité. Maintenant s’il a fait une intervention d’opportunité ou politique, ça c’est son problème mais je pense qu’il faut que les gens fassent attention avant de dire n’importe quoi», estime-t-il.

S’adressant au député Aboubacar Sylla, qui est également le porte-parole de l’opposition républicaine, Me Cheick Sako fait une réplique cinglante : « Il dit n’importe quoi, ce député de la République. Il ne peut pas dire sur sa chaise qu’il faut que la CPI reprenne ce dossier. Là aussi il insulte les magistrats, c’est un peu dommage pour un député. Monsieur le député Sylla, vous dites n’importe quoi, faites attention à ce que vous dites puisque la CPI ne peut pas prendre ce dossier. En tout cas pas au stade actuel», avertit le Garde et Sceaux guinéen.

Pour rappel, le 28 septembre 2009, au cours d’un rassemblement d’opposants à la candidature de Capitaine Moussa Dadis Camara à la présidentielle, au stade du même nom, au moins 157 civils avaient été tués par les forces de défense et de sécurité guinéenne, des dizaines de femmes violées et plus d’un millier de blessés.

Sept ans après, le procès tarde à se tenir et les familles des victimes qui s’impatientent espèrent voir enfin l’ouverture du procès en 2017.

Déjà, plusieurs officiers de l’armée guinéenne dont l’ex-Chef de la junte militaire, le Capitaine Moussa Dadis Camara, ont déjà été inculpés dans cette affaire et attendent leur jugement.

Abdoul Wahab Barry, www.kababachir.com

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