Tueries du 22 Janvier 2007: Rabiatou Sérah Diallo se souvient

22 janvier 2007, 22 janvier 2019, il y a 12 ans jour pour jour qu’une trentaine de jeunes manifestants qui protestaient contre la cherté de vie, ont été tués par les forces de défense et de sécurité, au pont 8 novembre.

Ce mouvement de protestation est intervenu après  une dizaine de jours de grève générale et illimitée déclenchée par l’inter centrale syndicale CNTG-USTG.

Ce jour-là, alors que le gouvernement du Feu président Lansana Conté, était resté intransigeant face à la revendication de la classe ouvrière, une insurrection populaire s’est emparée de la capitale Conakry et plusieurs villes de l’intérieur du pays. Coincé jusqu’au mur, le pouvoir était obligé de reculer, après avoir réprimé violemment les manifestants. Plus d’une trentaine de jeunes ont été tués par balles, des centaines de blessés et des portés disparus.

Douze ans après, on se souvient de cette date qui passe inaperçue aujourd’hui! La justice guinéenne n’a toujours pas fait la lumière sur ces douloureux événements qui ont endeuillé de nombreuses familles.

A l’origine de ce mouvement de grève, qui s’est transformé en une insurrection populaire, Rabiatou Sérah Diallo se souvient de cette date.

Interrogée par nos confrères d’Espace fm, l’actuel Présidente du Conseil Economique et Social donne sa part de vérité :

« Je pense que c’est un moment qu’il ne faut pas oublier ça été une lutte pour tout le peuple de Guinée », se souvient-elle.

L’ancienne responsable de la CNTG à l’origine du mouvement de grève qui a duré près d’un mois, se rappelle encore de ce qui avait été obtenu par la classe ouvrière guinéenne.

« Il (Lansana Conté)  était de très bonne foi, malheureusement, lui aussi il a été piégé par le ministre des Finances qu’il a désigné. Il y avait un système et c’est le même système qui continue. »

On se souvient, les forces vives de l’époque avaient exigé la vacance au pouvoir  du feu Président Lansana Conté, affaibli par une maladie qui a fini par l’emporter une année plus tard. Avec le recule, Rabiatou Sérah Diallo reconnait que la classe ouvrière s’est vite transformée en mouvement populaire sans le soutient de l’armée.

« On n’était pas sur la même longueur d’onde avec l’armée. Eux (militaires), ils avaient leur propre raison.», estime l’ancienne syndicaliste.

A quand la justice pour les victimes des ces violences politiques en Guinée ?

L’avenir nous le dira.

Abdoul Wahab Barry, www.kababachir.com

 

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