Varin, le Monsieur Industrie de Macron

Et le nouvel homme fort du gouvernement est… Philippe Varin. Bon, l’ancien PDG de PSA, âgé de 65 ans, n’est pas formellement nommé ministre, mais il vient malgré tout de bénéficier d’une belle promotion. Cet ingénieur, de la caste prestigieuse des X-Mines, qui prendra la tête en janvier prochain de France Industrie, une nouvelle organisation qui réunit les grands patrons du secteur, a été nommé vice-président du Conseil national de l’industrie – la présidence revient traditionnellement au Premier ministre. En prenant la tête opérationnelle de cet organisme, qui réunit le patronat, les syndicats et l’État, il devient un interlocuteur-clé pour les pouvoirs publics en matière industrielle. D’autant plus que l’absence, à Bercy, d’un ministre de l’Industrie ou même d’un secrétaire d’État détenteur de ce portefeuille le propulse, par ricochet, au rang de « vice-ministre de l’Industrie ». Il n’a évidemment pas le rang de ministre, mais Philippe Varin, aujourd’hui président du conseil d’administration d’Areva, aura un rôle déterminant dans l’orientation de la politique industrielle de la France, notamment en termes de compétitivité et d’innovation.

Batailles perdues

Aller chercher de « vieux sages », d’anciennes gloires du CAC 40, pour donner des orientations politiques à un gouvernement constitue une sorte de tradition. Louis Schweitzer, ancien PDG de Renault, avait été nommé commissaire général à l’investissement en avril 2014, prenant la suite de Louis Gallois, ancien président de la SNCF et d’EADS qui avait rédigé un rapport sur la compétitivité française. Philippe Varin s’inscrit donc dans cette lignée, en dépit d’un bilan mitigé, voire décevant, en matière industrielle. Il a perdu de nombreuses batailles. En effet, il a démarré chez Pechiney, où il a travaillé pendant vingt-cinq ans… Groupe français qui a disparu corps et biens, avalé tout cru par le canadien Alcan en 2003… Il a ensuite pris la direction du sidérurgiste britannique en difficulté Corus, qu’il a redressé avant de… le vendre à l’indien Tata Steel. Le 1er juin 2009, il devient président du directoire de PSA Peugeot Citroën, en remplacement de Christian Streiff. Il est attendu comme le messie par la famille Peugeot et par les salariés du constructeur automobile français. Mais rien ne se passe comme prévu. Le groupe subit la crise de plein fouet, et Philippe Varin doit restructurer l’entreprise. Il ferme l’usine PSA d’Aulnay-sous-Bois à l’automne 2013. Enfin, en février 2014, PSA, en quasi-banqueroute, officialise son alliance avec le groupe public chinois Dongfeng ainsi que l’entrée au capital de l’État français. L’entrée d’un constructeur chinois au capital, qui s’accompagne d’un retrait de la famille Peugeot, est un tournant historique pour le groupe. Le 31 mars 2014, Carlos Tavares succède à Philippe Varin et prend la présidence du directoire de PSA. Qui, depuis, s’est redressé spectaculairement…

Qu’importe, les anciens de PSA Peugeot Citroën, même s’ils affichent un bilan mitigé, ont définitivement la cote auprès du gouvernement. Frédéric Saint-Geours, qui a passé plus de trente ans dans des postes de direction chez PSA Peugeot Citroën (qu’il a quitté en 2014, en même temps que Varin), a été missionné, ces jours-ci, par les pouvoirs publics. La demande  ? Réfléchir sur la manière de faire émerger des champions européens.

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