Vente de migrants : l’UA dédouane le gouvernement libyen

De passage à Paris, où il a rencontré Emmanuel Macron, Moussa Faki Mahamat, président de la Commission de l’Union africaine dédouane carrément le gouvernement libyen, en ce qui est de la vente honteuse de migrants.

Extrait : « Nous sommes dans une situation de non Etat et de non-droit, où des milices criminelles, des trafiquants de tous genres, des terroristes, contrôlent des parties importantes du territoire. La position géographique de la Libye, et même son histoire, a fait que nombre de jeunes Africains se retrouvent sur ces territoires. Parce que, même avant les événements de 2011 de nombreux, de nombreux Africains y partaient pour travailler. Maintenant que le pays n’est pas contrôlé, nous assistons à des situations de ce genre. Je sais que certains ont été recrutés par les différentes milices ou mercenaires. Maintenant, ils s’adonnent – ces différents groupes – à ces commerces ignobles, à celui des êtres humains. Donc il faut agir et agir très rapidement. »

De toute évidence, note-t-on, de sources diplomatiques, « Nous pensons que nos amis de l’UE n’ont pas eu raison de demander à la Libye de garder les migrants, car elle n’a pas les moyens. En Libye, il n’y a pas de gouvernement, donc l’Union européenne ne peut pas choisir un pays en voie de développement pour demander à ce pays de retenir des réfugiés (…). On sait qu’en Libye il n’y a pas de moyens. » Pour rappel, un gouvernement d’union nationale (GNA), a été mis en place depuis mars 2016, mais, vraisemblablement iln’a pas pu faire grand-chose, puisqu’il ne détient pas le pouvoir réel en Libye. Pourtant, à l’issue d’une réunion du Comité national pour la sécurité et l’ordre public, une tradition du 15 août en Italie, le ministre de l’Intérieur, Marco Minniti, considéré comme l’homme fort du gouvernement italien de centre gauchea indiqué que Rome se concentrait sur la Libye pour bloquer les arrivées de migrants dans la péninsule.

En contrepartie, financer divers projets dont certains avec le soutien de Bruxelles. Il a été révélé qu’un accord – assez opaque –a été conclu avec le gouvernement italien en août 2017, c’est désormais une autre milice qui est désormais payée pour faire empêcher les migrants de prendre la mer dans le secteur, au nom du « rétablissement de l’ordre » et de « la lutte contre le crime », gage de respectabilité dans ce pays sans Etat et sans loi. Est-ce que c’est vraiment une raison de vendre aux enchères des migrants ? La question fait débat et alimente la polémique. Jusqu’au niveau de la Maison de verre de Manhattan : l’ONU.

 

Jeanne Fofana, Kababachir.com

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.