Violences interscolaires à Kankan : Les sanctions pleuvent

Après les violences qui, en début de semaine, avaient conduit des élèves respectifs des lycées Almamy Samory Touré et Alpha Yaya Diallo, à vandaliser les deux établissements, le ministre de l’enseignement pré-universitaire et de l’alphabétisation, Ibrahima Kourouma, en séjour sur place, a édicté des sanctions. Cédant à un mouvement de colère né d’un banal match de football mettant aux prises les équipes respectives des deux établissements, les élèves avaient dans une sorte d’attaque-représailles, incendié des salles de classes et des engins roulants. Dans la confusion et l’anarchie qui en avaient résulté, les deux directions saccagées, de nombreux documents avaient été soit incendié ou perdus. Des ordinateurs ont également été emportés.
Evaluant donc un tel bilan et estimant que l’acte ne devra rester sans une sanction exemplaire, le ministre qui y séjourne depuis le vendredi, a donc décidé de la suspension du Directeur préfectoral de l’éducation (DPE) de Kankan. Pour ce qui est des deux établissements, le censeur du lycée Almamy Samory Touré, Elhadj Fodé Mohamed Sylla a été purement et simplement révoqué. Sekouba Aïssata Camara, son homologue du lycée Alpha Yaya Diallo et l’ensemble de toute l’administration, ont subi le même sort.
Bien entendu, la responsabilité de ces personnalités ne souffre d’aucun conteste dans ce qui est arrivé. Toutefois, en l’imitant le diagnostic à leur niveau, à eux seuls, ne fait-on pas le travail à moitié seulement ? En effet, ne devrait-on pas inscrire ces violences interscolaires dans un contexte plus général de développement de la violence dans la préfecture de Kankan ? Quelques semaines plus tôt, en raison d’un braquage qui avait viré au meurtre, la ville n’avait-elle également été prise en otage par des jeunes hystériques ? Ne sommes-nous pas dans une montée effrénée de la violence résultant de frustrations sociales et du sentiment d’impunité imprimé par une certaine complaisance de l’Etat ?
En tous les cas, c’est connu de tous, si le diagnostic posé n’est pas fidèle, on ne peut juguler le cancer.
Anna Diakité, www.kababachir.com

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