Voitures de fonction pour députés : Tane SA, pris au piège ?

Tane SA, fournisseur des 4X4 Prado aux députés n’est-il pas été payé jusqu’à présent, alors qu’il aurait fini de tout livrer ? Cette question est au centre d’une vive polémique entre le Parlement de Kondiano et les Finances. Selon des sources concordantes confirmées par un courrier du nouveau ministre Maladho Kaba, daté du 24 février Tane est pris au piège.

Il risquait d’être payé deux fois, en complicité avec des cadres véreux de la chaîne financière (questeur de l’Assemblée, entre autres). Vite alertée, Mme Kaba prend les devants et demande des comptes au Président du Parlement. Auparavant, une odeur de corruption et de surfacturation a soufflé au Parlement dans l’acquisition du parc automobile. L’affaire a fait grand bruit, à telle enseigne qu’une commission de contrôle du budget a été mise en place. Les conclusions issues de ces travaux sont tombées mais gardées aux tiroirs.

Mais, déjà, de l’avis de Saloum Cissé de la majorité, « c’est un faux-problème. Pour moi, il n’y a pas eu un problème majeur jusque-là pour dire qu’il y a des problèmes au niveau de la questure. » Pour les faits, il y a lieu de rappeler que le Parlement a accordé à chaque député un 4X4 sortie d’usine dont l’unité est évaluée à quelque 48 mille USD. 14 véhicules pour les 14 membres du bureau de l’Assemblée nationale, 2 bus de 30 places pour le personnel, 2 véhicules 4X4 et 2 voitures pour constituer le parc automobile. Damaro Camara certainement l’un des négociateurs du marché et l’un des rapporteurs de la conférence des présidents avait lancé à ses collègues que cette acquisition est, tenez-vous bien, « un cadeau du gouvernement aux députés. Aucun texte ne le mentionne. »

Ces engins étant subventionnés à hauteur de 50%, l’autre moitié sera épongée par les parlementaires ce, pendant 5 ans, à raison de trois millions GNF par mois. Mais comment seront acquis tous ces engins roulants, sans tomber dans les marchés dits de gré à gré ? Fodé Oussou ne dit pas le nom d l’adjudicataire du marché, les prix des autres soumissionnaires, mais aussi la différence qu’il y a entre les prix. Seule évidence, c’est Dioulde de TANE SA un des proches de Sékouba Konaté qui a raflé ce marché avec des arguments de préfinancement comme à l’époque CNDD.

Aujourd’hui, au Parlement, c’est le business, la suspicion et le flou artistique. Certains députés sont tout simplement mis hors-circuit. Ils se contentent de défendre leurs petits profits. Sans trop avoir les yeux plus gros que le ventre. Les autres, c’est le beurre et l’argent du beurre. La nouvelle ministre des Finances pourra-t-elle démêler l’écheveau ?

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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