Zimbabwe en direct : « Robert Mugabe m’a dit qu’il allait bien », affirme Jacob Zuma

Dans un communiqué, le Quai d’Orsay a déclaré ce matin : « La France, en concertation avec ses partenaires, notamment européens, suit avec attention les événements en cours au Zimbabwe. Nous rappelons notre attachement à la légalité constitutionnelle et au respect des aspirations légitimes du peuple zimbabwéen. Nous encourageons toutes les parties à rechercher une solution dans ce cadre et sans violences. Notre ambassade a adressé très tôt ce matin des consignes de sécurité à nos compatriotes résidents et de passage. Par mesure de précaution, l’école française a été fermée aujourd’hui. »

 

Le président sud-africain Jacob Zuma a annoncé s’être entretenu par téléphone ce mercredi 15 novembre avec le président zimbabwéen Robert Mugabe, 93 ans, qui a dit aller bien et être assigné à résidence. Jacob Zuma, en tant que président de la Communauté de développement d’Afrique australe (CDAA), va envoyer eux émissaires spéciaux au Zimbabwe pour y rencontrer le président Mugabe ainsi que l’armée.

Prise de pouvoir par l’armée mercredi

 

Le chef d’état-major de l’armée zimbabwéenne a effectué une récente visite en Chine qui, dans le contexte prend un relief particulier. Le général Constantino Chiwenga a rencontré le 3 novembre à Pékin le ministre de la défense chinois, Chang Wanquan. De retour à Hararé, le général Chiwenga avait adressé lundi 13 novembre un avertissement sans précédent au parti au pouvoir la Zanu-PF, dénonçant l’éviction du vice-président Emmerson Mnangagwa et prévenant que l’armée n’hésiterait pas à intervenir pour « protéger notre révolution ». Mercredi, c’était chose faite : une partie de l’armée a pris le pouvoir. Les sociétés chinoises sont très présentes au Zimbabwe.

Plusieurs arrestations

 

Mercredi matin, plusieurs sources font état d’une série d’arrestations. Parmi elles figureraient le ministre des  finances Ignatius Chombo, le ministre et commissaire politique Saviour Kasukuwere, le neveu de Robert Mugabe également chargé du programme d’indigénisation Patrick Zhuwayo, le directeur adjoint des services de renseignement Albert Ngulube, ou encore le président de La ligue des jeunes de la Zanu-PF, Kudzai Chipanga.

Le retour du « Crocodile »

 

Emmerson Mnangagwa, alias le « Crocodile » en raison de son caractère impitoyable, a annoncé sur Twitter son retour dans le pays mercredi matin. Ancien patron des services de renseignement, il a perdu en octobre son portefeuille de ministre de la justice. Longtemps pressenti comme le dauphin de Robert Mugabe, sa mise à l’écart comme vice-président le 6 novembre, à la suite de laquelle il aurait réussi à quitter le pays, est le déclencheur de la crise actuelle.

Le vice-président limogé

 

Le vice-président Emmerson Mnangagwa, dit « le Crocodile », a été limogé sèchement lundi 6 novembre. Dans l’une de ses dernières apparitions, à Masvingo, son fief, Emmerson Mnangagwa avait affirmé avoir été victime d’une tentative d’empoisonnement dans un meeting de la Zanu-PF, le parti au pouvoir, qu’il avait animé aux côtés de Robert Mugabe et de son épouse, Grace.

Une femme à la vice-présidence ?

 

Samedi 4 novembre, Robert Mugabe annonçait qu’il avait l’intention de nommer une femme à la vice-présidence. Et qu’il faudrait changer la Constitution pour l’imposer à la tête du presidium, la structure au sommet de l’Etat. Il n’a pas dit « ma femme », mais cette dernière a aussitôt saisi la perche. Dimanche 5 novembre, elle a déclaré lors d’un rassemblement dans un stade de Hararé : « Je dis à M. Mugabe : vous devriez me laisser prendre votre place. (…) N’ayez pas peur. Si vous voulez me donner votre poste, donnez-le moi librement. » Cela ressemblait à une tentative pour forcer la main du président, qui a répété qu’il compte être candidat à sa propre succession lors des élections de 2018.

Bonjour et bienvenue sur ce Live consacré à la crise au Zimbabwe.

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