Zimbabwe : qui est Emmerson Mnangagwa, le successeur annoncé de Mugabe ?

On l’appelle le « Crocodile ». Emmerson Mnangagwa, 75 ans, est en passe de s’imposer à la tête du Zimbabwe. Le président de l’Assemblée a annoncé ce mardi que Robert Mugabe, après 37 ans de pouvoir sans partage, avait accepté de démissionner, poussé vers la sortie par l’armée et une partie du peuple.

Emmerson Mnangagwa, qui a déjà remplacé Mugabe à la tête du parti au pouvoir, est désormais le favori à sa succession. Eléments de portrait.

Un dur habitué aux arcanes du pouvoir

Pourquoi est-il surnommé le « Crocodile » ? « Parce qu’il attaque toujours au bon moment », avait-il un jour expliqué, comme le rapporte le New York Times.

Né en 1942 dans un Zimbabwe encore britannique et fils d’un militant anticolonial, Mnangagwa grandit en Zambie avant de prendre part aux combats pour l’indépendance. Il gravit ensuite les échelons du pouvoir. Le « Crocodile » devient responsable de la Sécurité nationale pendant une brutale répression dans des provinces dissidentes en 1983, puis ministre de la Justice ou de la Défense.

Certains de ses opposants en font par ailleurs l’un des hommes les plus riches du pays et mettent en cause l’origine de sa fortune.

Un bras droit devenu gênant

Vice-président du Zimbabwe, il avait été évincé début novembre par Robert Mugabe. La raison ? Son opposition frontale avec l’épouse du chef de l’Etat, cette dernière, de plus en plus ambitieuse, s’étant invitée dans la course à la succession de son époux de 93 ans.

Après sa révocation, Emmerson Mnangagwa se réfugie à l’étranger, accusant les Mugabe de se prendre pour « des demi-dieux ». Il rentre au pays jeudi 16 novembre, bien décidé à prendre les rênes du pays grâce au soutien de l’armée.

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Soutenu par les militaires

C’est après son limogeage que les militaires prennent le contrôle du pays dans la nuit de mardi à mercredi. Son éviction a fait de l’incontrôlable Première dame Grace Mugabe la grande favorite de la course à la succession de son mari, un scénario inacceptable pour l’état-major.

En route vers la présidence

Lors de sa réunion d’urgence dimanche dernier, la Zanu-PF, le parti au pouvoir, a remplacé Robert Mugabe à sa tête par Emmerson Mnangagwa. Ce dernier a été bombardé dans la foulée candidat à la présidentielle de 2018.

Mugabe mis de côté, la route semble désormais dégagée pour le « Crocodile » aux dents longues.

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